(Le Parisien du 26 février 2000)
Le préfet s'oppose à la balade en rollers
DÉCOUVRIR UN QUARTIER en rollers. C'est ce que voulait proposer demain matin l'association de quartier Modus Vivendi aux jeunes défavorisés du Xème arrondissement. Mais le préfet de police, Philippe Massoni, s'y oppose catégoriquement. Hier, il a fait savoir qu'il "n'était pas possible d'y donner une suite favorable" au risque de "créer un précédent". La préfecture de police explique qu'elle n'est pas en mesure d'assurer la protection de ce type de manifestation pour lesquelles elle a de plus en plus de demandes. Chantal Goldstein, de Modus Vivendi, s'étonne de ce deuxième avis négatif. Début janvier, le préfet s'était déjà prononcé contre une première demande visant à autoriser la balade. "Nous ne comprenons pas, explique-t-elle, très déçue. Nous attendions 40 enfants de 8 à 14 ans et nous avions des membres de l'Ecole française de roller pour les encadrer. Nous devions partir du passage du Prado jusqu'au canal Saint-Martin pour une heure de balade pédagogique expliquant le quartier. Ce n'est pas pour se faire plaisir. Nous voulions en organiser une par mois. Ça s'inscrit dans une action de la Ville en faveur des jeunes, dans un quartier où il n'y a pas d'infrastructures sportives pour eux. C'est mieux que de les voir zoner quand même." Le préfet aurait demandé à l'association de fondre la balade dans les grandes randonnées rollers du vendredi soir et du dimanche après-midi qui regroupent plusieurs milliers d'amateurs de glisse. "Vous nous voyez avec ces pros ? Franchement, pour notre balade, il suffisait de couper une rue pendant seulement cinq minutes. Vraiment, nous ne savons plus quoi faire." Une solution de repli suggéré par Modus Vivendi serait d'investir l'hôpital désaffecté Saint-Lazare pour y faire du roller, tranquillement.
B.K.